samedi 22 avril 2017

15 avril 2017 - Southampton

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Il était temps de quitter Brighton pour me rendre à Southampton. Le nom de cette ville nous évoque naturellement les grandes traversées transatlantiques, c'est le port de départ des plus grands paquebots de la belle époque et notamment le plus célèbre d'entre tous : le RMS Titanic de la White Star Line. Je ne vais pas vous refaire l'histoire du navire qui a sombré le 10 avril 1912, la coque éventrée par un gros glaçon dans l'Atlantique, James Cameron l'a fait mieux que moi ^^. Concentrons-nous plutôt sur la ville qui l'a vu partir.

Le mythe du Titanic m'a conduit ici. Soyons honnêtes, je rêve d'aller à New York en paquebot, la scène du film du départ m'a fait rêver, j'avais à coeur d'aller photographier Southampton depuis très longtemps. L'occasion pour moi d'aller visiter le musée maritime local qui consacre justement une belle exposition sur le sujet.

SeaCity Museum - Havelock Rd, Southampton

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Le bâtiment est difficile à louper. Surmonté d'une grande tour carrée qui rappelle le phare d'Alexandrie, il est couplé avec une galerie locale : Southampton City Art Gallery.

Une notice explicative en français est disponible pour ceux qui le souhaitent. Le parcours de l'exposition est évidemment centré sur le Titanic, mais se place sur un angle différent de ce qu'on a l'habitude de voir: les conséquences du naufrage sur Southampton et ses habitants.

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On accompagne dès le départ 6 personnages, le capitaine Edward John-Smith, l'officier en second Charles Herbert Lightoller, le porteur de charbon Walter Francis Fredericks, la stewardess Mabel Benett, le steward Sidney Sedunary et le marin Archie Jewell. Qu'ont donc toutes ces personnes en commun autres qu'elles étaient à bord du Titanic ? Et bien elles sont toutes liées à Southampton. L'exposition a pour objectif de nous rappeler que des 889 membres d'équipage la plupart étaient natifs de la ville où y avaient séjourné avant le départ. Le naufrage fut une réelle hécatombe et Southampton à perdu pratiquement 2% de sa population cette lui là. D'un coup ça la sensation que l'on ressent est étrange.

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La visite est vraiment pédagogique et nous montre les différents rôles de chacun et à quel point il s'agit d'un drame purement humain.

Tudor House

Il existe en Angleterre, et ce n'est pas la première que je rencontre, des maisons historiques, souvent sous forme de micromusée qui reconstitue des époques. Southampton n'échappe pas à la règle, et on peut visiter si l'humeur vous chante la Tudor House.

Il s'agit d'une charmante bicoque de 800 ans dans lesquels ont été reconstitués avec différents moyens, les époques qu'elle a traversées. Je n'ai pas fait de photos, l'endroit était difficile, car petit et envahie de vieilles dames anglaises qui semblaient trouver un intérêt fort intéressant à la visite (moi aussi d'ailleurs, mdr).

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Comparaison de l’évolution de notre alimentation (très drôle) :20170412_115908305_iOS 

Y’a souvent des surprises dans ce genre de musée, là c’était un chien empaillé, c’est d’un bon goût ^^20170412_114803604_iOS

Southampton est une ville très différente de Brighton. Elle n'a pas ce côté divertissant et ludique qu' amènent le parc d'attractions et la plage de la ville plus à l’est. Toutefois, d'un point de vue purement photographique, on peut y trouver quelques curiosités amusantes à photographier. Je me suis baladé sur le port, au petit matin, testé le Starbucks local, c'était frisquet, mais intéressant. La ville est moins touristique, mais plus sincère dans sa réalité.

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mercredi 12 avril 2017

11 avril 2017 - Brighton

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Me voilà enfin arrivé en terre britannique. Partie en ferry de Dieppe, j'ai traversé la Manche sur un grand bateau transportant piétons camions, voitures et apparemment beaucoup de bière, enfin ce sont les jeunes Anglais un peu éméchés sur le pont supérieur et leur pile de verres vides qui me font penser ça. :)

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Bref, après une traversée sans encombre je suis arrivé de nuit à Newhaven, qui comme son nom l'indique, n'a été qu'une simple gare pour me rendre à Brighton.

La ville de Brighton, du Sussex de l'Est est la station balnéaire par excellence. Très prisée par les Londoniens, elle n'est qu'à une heure de train de la capitale. Installé dans une baie peu profonde, on y trouve de longs quais bordant une immense plage de galets aux couleurs sable (un galet couleur sable ? c'est innovant ça comme idée!). On trouve trois attractions principales à Brighton (en réalité on en trouve beaucoup plus) Le Royal Pavilion, construit par George IV, le Brighton Museum & Art Gallery (fermé le lundi, pas pû le visiter) et le Brighton Pier, un genre d'immense parc d'attractions construit sur pilotis. (pilotis, truc lacustre, lac Léman, touça qwoi)

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Le Brighton Pier, c'était la raison qui m'a motivé à venir sur place. Je l'avais vu dans des films, des photographies, cet immense ponton sans fin recouvert de jeux et de trucs qui sentent le popcorn ou la barba papa est la trace la plus visible du passé de la ville dans le19e siècle.

J'ai réalisé pas mal de photos de l'objet. Depuis la plage, par les quais, sous tous les angles. Je me suis régalé. Le soir au coucher de soleil, la baie prend une douce couleur dorée très plaisante et la température était étonnamment agréable.

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Le Royal Pavilion

Entouré d’un parc "à l'anglaise" c'est-à-dire avec une pelouse plus verte qu'un haricot et plus fine qu'un cheveu, l'étrange édifice blanc à l'architecture "indienne" détonne parmi les autres bâtiments en briques rouges de la ville.

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Construit par le prince régent et futur roi George IV, il était destiné à être un palais des plaisirs, et comme le prince aimait la nourriture, les grandes fêtes et les femmes, il s'y adonnait avec une énergie et une passion sans faille (citation audioguide du royal pavilion, mdr). On ne peut pas réaliser de photos à l'intérieur, mais je ne peux que vous conseiller de le visiter. Il est décoré richement, des décors chinois (appelé "chinoiserie") et orientaux. Les murs sont recouverts de trompe-l'oeil et la magnificence de l'endroit est réellement saisissante.

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L'histoire du Royal Pavilion mérite qu'on s'y attarde. De palais des plaisirs, il devint résidence royale ou même la reine Victoria séjourna. Elle le trouvait trop petit et curieusement décoré, mais il semblerait qu'elle appréciait. Pendant la guerre mondiale (1er ou seconde, j'ai un doute) il devient un hôpital pour soigner les Indiens qui combattaient sous drapeau britannique. Un peu plus tard il sera un hôpital pour tous et sera au final vendu à la ville qui, à l'aide de fonds levé par l'armée (oui, c'est un peu l'armée qui l'avait bousillé), procédera à sa remise en était (d'origine).

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Voilà, Brighton est une ville qui vaut le coup d'oeil, je vais la quitter et me rendre à Southampton, la suite dans un prochain billet :)

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Petite anecdote amusante tirée de Wikipédia

En 1896, après l'abolition de la loi qui obligeait les automobiles à suivre un homme avec un drapeau rouge, les automobilistes britanniques célébrèrent en faisant de Brighton la destination d'une course automobile de Londres. Jamais après, la course de voitures anciennes Londres-Brighton annuelle attire beaucoup de spectateurs.

mardi 11 avril 2017

9 avril 2017 - Dieppe

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Par sécurité, j'ai choisi de faire une halte dans la ville de Dieppe. En effet, réaliser un Charleville-Mézières - Brighton en une seule journée me semblait un peu risqué. C'était l'occasion aussi de visiter et photographier la ville portuaire qui fait face à la Grande-Bretagne.

Dieppe est une cité normande ancienne. Tourné vers la mer, elle est l'un des ports permet aujourd'hui de relier l'île britannique en Ferry. C'était la raison principale de ma visite à Dieppe. À la fin du 19e siècle, la ville connait un essor nouveau et devient une ville de plaisance. On y vient pour profiter des bains d'eau de mer, de la plage et de l'air marin. Des hôtels sont alors érigés sur le front de mer et très vite, elle devient une station balnéaire en vogue, tout comme Deauville.

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Comme d'habitude, je me suis levé à l'aube et j'ai arpenté les rues de la cité avec mon Nikon. Le matin, il règne un calme plat. Les cris des mouettes (est-ce vraiment des mouettes d'ailleurs ? ça à la taille d'une dinde, c'est peut-être un goéland non ?) nous rappelles que nous somme dans une ville côtière.

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La ville est littéralement coupée en deux par son port. Il y a quelques années les ferrys arrivaient directement dans la ville, mais une nouvelle infrastructure a été construite un peu plus loin. Depuis la plage, il y a pas mal à marcher pour rejoindre la gare maritime.

J'ai également visité le château de Dieppe. Point stratégique d'entrée et de commerce avec la Grande-Bretagne, une forteresse imprenable a été bâtie et tour à tour prise par les Anglais, les Normands, etc. Enfin une histoire passionnante, mais courante dans cette région :P

Ce soir, je traverse la Manche pour rejoindre New Haven puis Brighton.

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Merci de me suivre :)

vendredi 7 avril 2017

7 avril 2017 - J'ai rencontré Arthur Rimbaud dans une brocante

20170405_095241968_iOSJe ne savais de lui que ce que les gens en disaient. Bizarrement, beaucoup le connaissent. Un ami manceau, au cours d'une hasardeuse conversation, avait évoqué son nom. Ce nom qu'on retrouve dans les journaux chaque année quand il faut parler d'éducation, de littérature ou de poésie. Arthur Rimbaud, c'est une personnalité publique tombée avec la poussière des vieux livres, un patronyme familier qui revient comme l'automne chaque année, mais pourquoi Arthur Rimbaud ?

C'est étrange de s'intéresser à un auteur du 19e siècle quand on est informaticien et qu'on est sortie de l'école obligatoire à 14 ans avec un vocabulaire d'environ 500 mots. Je ne dirais pas que j'étais analphabète, mais clairement d'un niveau littéraire insuffisant. Quand j'y repense, à l'époque, je ne m'intéressais principalement qu'à la technique: la programmation et aux ordinateurs. La langue française était clairement secondaire à mes yeux.

Depuis aussi loin que je m'en souvienne, je me suis toujours intéressé à l'histoire. J'attribue cet intérêt à une volonté de comprendre le monde, la société. Comprendre d'où l'on vient, etc. vous connaissez l'adage. Avec le temps, cette volonté de décrypter les racines s'est exprimée dans des domaines de plus en plus variés, j'ai appris à aborder n'importe quel sujet de manière plutôt honnête(pour peu que l'on puisse l'être) et surtout en faisant abstraction de tout complexe. (Le même genre de complexe qui empêche d'aller au musée parce qu'on n’y comprend rien alors que c'est justement parce qu'on n’y comprend rien qu'il faut aller au musée). Mais revenons à notre Arthur Rimbaud, j'ai une histoire à vous raconter.

Tout a commencé lors d'une brocante au Musée d'Art et d'Histoire de Genève. (Ceux qui me suivent savent que beaucoup de mes aventures commencent dans des musées). Chaque année la bibliothèque d'Art et d'Archéologie organise une petite vente dans laquelle on trouve des livres d'occasions et neufs à prix avantageux. J'achète des quantités invraisemblables de livres, souvent, d'architectures, d'arts ou d'histoires. Lors de ma dernière visite, je suis tombé sur un livre édité à l'occasion d'une exposition sur le poète Paul Verlaine "Verlaine, cellule 252, Turbulences poétiques" à Mons au Musée des Beaux-Arts. Dans ce pavé fourni, que j'ai parcouru en diagonale, une lettre a attiré mon attention, adresse à sa famille, elle a été écrite par Arthur Rimbaud le 22 septembre 1880 à Aden (aujourd'hui capital du Yémen). Il y racontait sa vie et son travail dans le commerce du café.

http://www.mag4.net/Rimbaud/lettre-aden-18800922.html

Je savais comme je viens de l'expliquer plus haut que Paul Verlaine et Arthur Rimbaud étaient poètes et qu'il avait eu une romance explosive à la fin du 19e siècle. C'était plus ou moins l'ensemble des connaissances que j'avais sur eux, de quoi ne pas passer complètement un idiot dans un repas d'intellectuels snobs.

Cette lettre a été capitale dans ma découverte de Rimbaud.  Tout à coup, je découvrais qu'il n'était pas qu'un nom célèbre par des rats de bibliothèque, mais un homme qui a existé, qui a eu une vie avec des espoirs et des rêves. Qu'il n'était pas que la signature d'un texte écrit en vers dont on ne comprend le sens qu'en le lisant cinq fois chaque ligne. 

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La Pléiade

L'idée de me documenter sur Rimaud a mis du temps à émerger. Des phrases tournaient dans mon esprit, "Ce n'est pas fait pour toi, tu n'es pas un littéraire, c'est de la poésie, ça va te saouler" tout un lot d'arguments fainéants que nous sommes capables d'inventer pour nous empêcher de sortir des sentiers battus. Finalement après plusieurs semaines d'hésitation, j'ai décidé d'acheter "Rimbaud - Oeuvre complète" Volume 68 aux éditions Gallimard dans la très connue bibliothèque de La Pléiade. Mon choix s'est porté sur cette édition, d'une part, parce qu'elle a excellente réputation, d'autre part, car il s'agit du regroupement de documents concernant Arthur Rimbaud le plus important à ce jour. Quitte à s'intéresser à cet auteur, autant choisir ce qu'il y a de mieux.

Ce petit livre (1102 pages quand même) a été une porte d'entrée fantastique dans le monde de Rimbaud. Facilement transportable, il m'a accompagné dans tous mes voyages durant ces derniers mois.

Arthur Rimbaud a été poète jusqu'à l'âge de 20 ans, après il est devenu explorateur

C'est là, la principale interrogation que j'ai eu à résoudre. Pourquoi celui qui, encore aujourd'hui, est reconnu comme l'un des plus brillants poète de langue française a-t-il décidé un beau matin de partir explorer le monde et d'arrêter la poésie ? C'est étrange non ? Au départ je pensais que son altercation avec Paul Verlaine en juillet 1873 à Bruxelles avait été le catalyseur qui allait précipiter son départ pour l'Afrique. (Résumons : Verlaine veut quitter Rimbaud pour rejoindre sa femme, Rimbaud le rejoint à Bruxelles pour l'en empêcher, vraisemblablement fatigué de l'attitude de Verlaine, ivre et qui avait acheté une arme pour mettre fin à ses jours, Rimaud veut le quitter, Verlaine lui tir alors dessus à deux reprises et terminera incarcéré à Mons). Il s'est avéré que la réalité est un peu plus délicate.

Comment un littéraire brillant devient-il explorateur du jour au lendemain ?

Cette question fut ma principale interrogation en découvrant Rimbaud. J'ai mis une année pour comprendre qu'en réalité il n'était jamais devenu explorateur, mais l'avait toujours été. La poésie, sa poésie n'était autre que la forme première de l'exploration, de la fuite qu'il a construite avec ce qu'il avait à ce moment à disposition, du papier et de l'encre.

Arthur Rimbaud a vécu toute son enfance à Charleville. Imaginez un peu, nous sommes en 1860, Charleville est une petite ville, la population vit principalement de l'agriculture et les moyens de transport sont limités. On se déplace principalement à pied, en bateau ou à cheval. Le train à vapeur a commencé à envahir le territoire français depuis 1814, on est loin du réseau ferré actuel, mais on peut déjà circuler aisément avec ou choisir de prendre une diligence tractée par des chevaux.

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L'atmosphère est étouffante pour le jeune Arthur. Sa mère Vitalie est très exigeante (elle assume seul l'éducation de ses quatre enfants après le décès/départ de son mari, le capitaine Frédéric Rimbaud) et malgré les prix et récompenses qu'il obtient très tôt, elle va, sans le vouloir, pousser Arthur à s'enfuir. C'est en 1870, à l'âge de 16 ans qu'une première occasion se présentera, il se sauve alors et va à Paris. Très vite, dès son arrivée à la gare du Nord, il est rattrapé par les contrôleurs qui le jettent en prison pour ne pas avoir payé de billet. De sa cellule, il écrit à l'un de ses anciens professeurs qui payera sa dette.

Arthur Rimbaud avait une soif d'exploration insatiable et depuis toujours, il se sentait en captivité et sa poésie le reflète.

Quand j'ai lu ses premiers textes, j'ai été surpris de découvrir à quel point il devait être un enfant atypique, passionné, mais orgueilleux. Il en était touchant, débordant d'une énergie explosive, absolument convaincue d'être un génie (ce qu'il était, oui), mais accompagnée d'une forme de naïveté juvénile dans sa manière d'aborder le monde.

Revenons à notre histoire, peu après son altercation avec Verlaine, Rimbaud retourne à Londres avant de partir s'installer quelque temps en Allemagne. Durant cette période, il acquiert de solides connaissances en anglais et allemand. Il n'a que 20 ans et c'est à ce moment qu'il abandonne la poésie. Progressivement, il va commencer à s'intéresser à des disciplines plus proches des sciences et qui contribueront à faire de lui l'explorateur qu'il tendait à devenir.

Beaucoup de gens pensent que la rupture avec Paul Verlaine a été la cause de l'abandon de la poésie par Rimbaud. Je crois qu'en réalité c'est plus subtil que ça. Le jeune Rimbaud voulait retourner à Londres, Verlaine oscillait entre le jeune poète et son épouse et c'est l'une des raisons qui a déclenché la rupture. Arthur n'avait plus de raison de rester attacher à un lieu, le manque de réceptivité de sa poésie par le milieu de l'édition parisienne, la ville de Charleville qu'il aimait détester, plus rien ne l'obligeait à faire bonne figure ici, il a attrapé sa liberté à pleines dents, il ne serait plus obligé de vivre la liberté au travers du prisme de l'écriture, il allait enfin pouvoir l'exprimer pour de vrai.

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Voyage en Suisse

En 1875, décidé à apprendre l'italien, il traversera la Suisse une première fois en train et franchira le col du Saint-Gothard à pied (sans-le-sou en poche et au mois de mars) pour se rendre à Milan.  De là, et suite à une insolation, il sera rapatrié à Marseille d'où il manifestera l'envie de s'engager dans les carlistes pour apprendre l'Espagnole.

Après de brefs retours à Charleville et Bruxelles, il passera en Autriche, s'en fera expulser pour vagabondage. Il atterrira à Rotterdam et se fera enrôler pour 6 ans dans l'armée coloniale néerlandaise. Chargé avec d'autres mercenaires de réprimer une révolte dans l'île de Sumatra, il fera escale à Java, Southampton et Naples. Rimbaud traversera le canal de Suez et en 1876 fera une première incursion à Aden, le capital du Yémen (j'y reviendrais un peu plus tard, lui aussi).

En quelques années, il va traverser le globe. De son enrôlement dans l'armée néerlandaise, il y mettra lui-même un terme en désertant et continuera de voguer là où le vent le porte: Sainte-Hélène, les Açores, Cork, Liverpool, Le Havre pour ne citer que quelque-une de ses escales.

En 1878, il franchit une seconde fois le Saint-Gothard pour rejoindre Gênes, Alexandrie et Chypre qu'il connaissait déjà. Après une dispute avec le payeur général, il retourne à Alexandrie, il n'envisage plus de revenir en France, les connaissances de la langue arabe qu'il possède lui vaut d'être embauché à Aden dans la maison Mazeran, Viannay, Bardey et Cie et travaillera dans l'import-export notamment le commerce notamment de café.

On est loin de notre Arthur turbulent qui criait sur le papier des vers de poésie déchirants. Lui aussi l'a quitté depuis longtemps. Tour à tour chef de chantier, marin et comptable, il ne cesse de changer de métier, d'élargir son éventail de compétences.

C'est ce que j'ai aimé le plus chez lui. Tout en parcourant le monde, s'imprègne des cultures qu'il rencontre et d'une curiosité effrénée, il s'intéresse à tout et cherche à comprendre. Il fait référence dans ses lettres à sa peur de "devenir bête". Il faut aussi comprendre qu'au 19e siècle les bibliothèques sont encore rares et leurs constitutions n'est de loin pas une priorité à l'ère coloniale.

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Charleville-Mézières

C'est donc depuis ma chambre d'hôtel à Charleville-Mézières que je rédige ce texte. L'idée de venir visiter la cité fondée par Charles de Gonzague a mis un moment à germer dans mon esprit, mais plus j'étudiais la vie de Rimbaud et plus j'avais envie de découvrir l'endroit.

Aujourd'hui, Charleville n'est plus tout à fait la ville que le jeune Arthur a connue, la population a été multipliée par cinq (50'000 aujourd'hui) et deux guerres ont passé. Depuis environ 15 ans, la ville a décidé de mettre en avant son illustre habitant. Des musées, un quai, mais aussi des bars, des hôtels, des coiffeurs, tout nous ramène à Rimbaud.

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J'ai terminé cette après-midi, dans le parc au pied du Moulin de lire l'oeuvre intégrale d'Arthur Rimbaud.

Demain, je reprends le train pour d'autres horizons. Une page se tourne. :)

jeudi 6 avril 2017

5 avril 2017 - Charleville-Mézières

20170405_075022854_iOSFondée en 1606 par Charles de Gonzagues, la ville de Charleville, situé dans les Ardennes est aujourd'hui une cité de 50'000 habitants. Construite autour de la place Ducale et au bord de la Meuse, elle jouit d'une notoriété internationale grâce au plus célèbre des carolomacérien : Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud.

 

C'est donc la raison de ma visite à Charleville. Point géographique originel dans la littérature rimbaldienne, on y trouve la plupart des lieux que le poète a fréquentés ainsi qu'un large choix d'endroit qui évoque de près ou de loin Rimbaud. C'est d'ailleurs l'une des choses qui m'ont le plus amusé: le quai Rimbaud, le coiffeur Arthur, le restaurant Arthur, tout ici semble tourné autour de Rimbaud. Le temps d'une semaine, c'est amusant, mais j'ose à peine imaginer ce que doivent penser de leur célébrité locale les adolescents qui flânent toute la journée à la place Ducale.

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Premier objectif du jour, la visite du Musée Rimbaud. Un superbe bâtiment posé par-dessus un bras de Meuse, normal, il s'agit d'un ancien moulin à l'allure plus royale que champêtre. Il s'intègre parfaitement dans le plan d'urbanisme de la ville, au bout de la Rue du Moulin partant directement de la place Ducale.

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Le musée regroupe un bel ensemble de photos et documents d'archives, d'objets ayant appartenu à Arthur Rimbaud et d'autres choses qui attisent la curiosité. J'ai réalisé une série de clichées que j'espère, représentative de l'endroit. Le musée est petit, mais si on est intéressé par le vie de l'explorateur, on y passe un très bon moment.

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Pour commémorer les 100 ans de la mort d'Isabelle Rimbaud (sa soeur) le musée a organisé une exposition temporaire sur la vie de celle qui l'aura accompagnée jusqu'à son chevet à Marseille. J'y ai découvert une facette intéressante de la vie d'Arthur. Sa soeur, élevée par sa mère dans une stricte religion, très pratiquante et éduquée dans l'objectif de faire d'elle une "bonne épouse" était finalement très différente de la modernité d'esprit de son frère. Une mise en lumière fascinante qui permet d'encore mieux apprécier le poète

Je me suis rendu l'après-midi au 7 Quai Arthur Rimbaud visiter la Maison des Ailleurs, qui n'est rien d'autre que la bâtisse dans laquelle a vécu Arthur Rimbaud quand il était à Charleville. Aujourd'hui, elle abrite une rétrospective artistique des voyages qu'il a faits. L'exposition est conceptuelle et pourrait ne pas plaire. Des pièces vides sans mobilier avec des installations, photos, projection son et lumière qui nous immergent dans ses voyages. J'ai adoré. L'effet est saisissant et nous rappelle à quel point ce n'est pas le lieu qui compte, mais l'esprit du personnage. J'en ai profité pour faire quelques images également.

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La suite de ma journée s'est concentrée sur des photos de la ville, du coucher de soleil. Charleville est une cité vraiment magnifique ou l'architecture d'aujourd'hui côtoie celle du 19,18 et 17 siècles. Je prends beaucoup de plaisir à la photographier.

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À demain :)