lundi 30 novembre 2015

Musée d'Art et d'Histoire - Faut-il détruire l'art pour sauver les murs ?

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Je ne devrais même pas poser cette question, tellement la réponse semble évidente. Derrière cette interrogation racoleuse se cache un vrai problème qui mérite d'être mis en lumière, car il concerne tous les Genevois: doit-on considérer l'architecture comme une oeuvre d'art au même titre que nous estimons la peinture de Véronèse ? L'architecture a-t-elle encore un sens quand elle met en péril les principes mêmes pour lesquels elle a été mise en fonction ?

Vous l'aurez deviné, je parle de notre Musée d'Art et d'Histoire, aujourd'hui confronté à des attaques violentes et équivoques orchestrées par un groupuscule d'opposants à son projet de rénovation et d'agrandissement.

Revenons dans le temps

Nous sommes en 1900, à Munich, au Musée National Bavarois. Le bâtiment n'a que cinq ans et a été construit dans le but d'abriter la collection de la famille régnante de Bavière, les Wittelsbach. Construit sur trois étages, il fait partie de ce que l'Europe a de plus moderne à offrir en terme de muséologie du début du siècle, ce n'est donc pas un hasard d'y croiser Marc Camoletti.

Marc Camelotti est un architecte genevois originaire d'une famille piémontaise. Il a fait ses études à l'École des Beaux-Arts de Paris (tout comme Jean Nouvel). C’est lui qui, avec son frère John, a réalisé pas moins que l'Hôtel des postes à la rue du Mont-Blanc, le Victoria Hall ou encore l'école Louis-Favre de Chêne-Bourg.

Quand Marc Camoletti se voit attribuer le projet pharaonique d'un musée central, il entreprend un long voyage d'études en Allemagne, en Belgique et en Hollande. Il est à l'affût des dernières innovations en matière de sécurité, d'accueil des visiteurs et d'aménagement. Il prend connaissance des avancées technologiques de l'époque, c'est lors de ces visites qu'il découvre, par exemple, le chauffage par système à eau chaude à basse pression distribuée par des radiateurs dissimulés sous un banc ou un pouf au centre des salles.

Le Musée d'Art et d'Histoire foisonne d'innovations intégrées par l'architecte. Celui-ci a délibérément cherché à en faire un lieu attractif et vivant, un musée dans l'air du temps.

Qu'en est-il aujourd'hui ?

Le musée n'a subi que peu de rénovations depuis sa construction. En cela, on peut effectivement dire que l'esprit de Camoletti a été préservé; toutefois ce n'est pas la volonté commune qui en est la cause, mais plutôt des problèmes financiers qui ont conduit ce musée à se calcifier et à se dégrader avec le temps.

J'ai toujours considéré les musées comme des écrins pour les oeuvres. En ce sens et son travail le confirme, Camoletti a réalisé un très beau bâtiment. De plus, il y a intégré une multitude d'astuces permettant d'exposer et de sécuriser les oeuvres de la meilleure façon qui soit. Il a permis d'organiser les collections en fonction des époques et des styles. Il a créé une muséologie correspondant aux oeuvres, plaçant, par exemple, l'archéologie dans des salles au style plus minéral et brutal que ne le sont celles attribuées aux beaux-arts. Il a adapté le contenant au contenu de 1910 avec ce dont il disposait de mieux à son époque. Pourquoi devrait-on renoncer à cette ambition en 2015 ?

Les récentes soirées Afterworks organisées au musée l'ont démontré: les Genevois ont un réel intérêt pour la culture. Même si cet engouement est très différent de ce que la rue Charles-Galland a pu connaître à ses débuts, il n'en est pas moins fort pour autant. Des salles combles de néophytes et d'amateurs réunis autour d'une oeuvre présentée par une conférencière passionnée prouvent que l'art intéresse toutes les générations; j'y ai croisé une palette de visiteurs aussi divers que variés comme sait si bien proposer la ville de Calvin.

Un musée vit. Il doit suivre les changements de notre société, les habitudes se modifient. Les collections évoluent et s'enrichissent d'année en année. Les techniques scientifiques se perfectionnent étendant notre champ de connaissances. Ce qui était parfaitement déterminé au début du siècle passé ne l'est plus forcément de nos jours.

Aujourd'hui nous sommes tous confrontés à cette question équivoque:

Faut-il préserver l'architecture ou conserver les oeuvres dans de bonnes conditions ?

Depuis quelques mois, j'ai eu l'occasion de lire beaucoup d'avis: il faudrait coûte que coûte sauver l'oeuvre de Camoletti, le projet Jean Nouvel la dénaturerait totalement, une petite rénovation légère serait plus adaptée si elle était associée à la construction d'un nouveau bâtiment juste en face dans le parc de l'Observatoire...

Le projet actuel de rénovation n'est pas nouveau (il est Nouvel, OK ^^), il est le fruit de longues consultations, d'un jeu de ping-pong qui, à chaque passage de la balle, a vu sa qualité et ses spécificités se préciser, aboutissant après quelques années, à une solution adaptée aux besoins de notre musée. La plupart des ajouts sont réversibles (la couverture de la cour l'est par une structure suspendue qui n'altère pas les murs actuels), l'espace de la cour intérieure est mieux utilisé, elle devient le centre de l'accueil des visiteurs. Paradoxalement, ce que les opposants prétendent être la pièce maitresse du musée actuel ne le deviendra réellement qu'avec le projet du bureau d'architecture parisien.

Les passions se déchaînent autour de la rue Charles-Galland. Pourtant, pas une fois, et c'est justement le coeur du problème, les opposants n'ont évoqué la préservation de notre patrimoine: les Diday, Calame et Hodler. Jamais ils ne se souviennent de l'urgence de la situation (voir mon billet sur la fermeture du musée). Pas un seul instant ils ne se sentent concernés par l'objectif prioritaire de Marc Camoletti, à savoir la conservation des oeuvres d'art.

“Le bâtiment s'effrite mettant en danger les oeuvres qu'il abrite.”

Demain, la question ne sera pas de décider s'il faut sauver ou non un bâtiment centenaire, le projet de Jean Nouvel étant en plein accord avec l'existant. Non, la réalité c'est que, demain, nous devrons décider si oui ou non on veut offrir un avenir à notre patrimoine culturel et artistique, si oui ou non on veut transmettre un lieu qui réponde aux attentes et espérances des générations à venir tout comme l'ont fait les Genevois qui nous ont précédés au début du siècle passé.

Je crois sincèrement en ce projet, je crois en ce musée et à son entrée dans le XXIe siècle, ce siècle exceptionnel qui verra les collections reprendre leur place au centre de nos attentions, relégant cette sordide cour froide et sa gouille d'eau dans l'ombre. Les objets qui dorment depuis bien trop longtemps dans des réserves silencieuses seront enfin mis en lumière et accessible à tous.

 

Références

dimanche 29 novembre 2015

Le Musée d’Art et d’histoire – 2e partie – Le château de Zizers

En septembre dernier, j'ai réalisé une grande série de clichés au Musée d'Art et d'Histoire de Genève. J'ai parcouru les salles du musée dans l'idée de capturer cette atmosphère si particulière que seuls les musées naissants du début du XXe siècle savent offrir. Voici la première partie de cette série, les salles historiques du château de Zizers.

Il se trouve comme son nom le laisse deviner, à Zizers, une petite commune du canton des Grisons en Suisse.  Installé au bord du Rhein, le village jouit d'un cadre agréable situé entre Coire et le Liechtenstein, on peut s'y rendre facilement en train (ce qui peut-être vous laissera deviner l'un de mes futurs projets... :)

L'histoire de cette demeure est intéressante. En 1682 Johann Rudolf von Salis, maréchal de camp et des armées du Roi Louis XIV, fit bâtir un grand château dans le canton des Grisons en Suisse. Il écrivait en juin 1682 à son épouse "...Il n'y aura pas plus bel édifice dans tout le pays...", ce qu'il essaya d'accomplir. Zizers s'inspire à la fois de l'architecture du célèbre château de Vaux-le-Vicompte et du style sacré baroque.

Un château dans les Grisons, mais ses salles à Genève, étonnant ?

Vendu à une fondation religieuse en 1897, le château a subi alors une transformation importante pour en faire un hospice. C'est la société auxiliaire du Musée d'Art et d'Histoire de Genève (l'association à l'origine de la création du MAH) qui sauvera in extremis les intérieurs du château en les achetant puis en faisant don au Musée.

Le bâtiment existe toujours, ses extérieurs ont été restaurés en 1980, lui redonnant son aspect et sa forme initiale. Aujourd'hui il abrite un hôtel ainsi qu'une maison de retraite au rez-de-chaussée.

Cette série comporte 108 photos et nécessite un traitement long sur chacune d'elle, je compte travailler dessus sur plusieurs mois, c'est pourquoi j'ai fait le choix de la publier par petits morceaux. Les boiseries du château de Zizers constituent la première étape de cette série, j'espère que mes vues académiques vous plairont. Bonne visite :)

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Références

dimanche 11 octobre 2015

La cascade de Pissevache – Le making of (vidéo)

Hop, une fois n'est pas coutume, j'ai fait un petit film dans lequel je raconte cette aventure et dans lequel on peut voir les étapes de création de la cascade. bon visionnage et n'hésitez pas à me donner votre avis :)

Billets précédents sur le même sujet

samedi 10 octobre 2015

La cascade de Pissevache - 3ème partie

Reconstruire un tableau à partir de photos capturées sur place. J'en ai beaucoup des idées, mais celle-ci, je dois le reconnaitre, a été une belle démonstration de ma totale inconscience créative ^^. J'avoue ne pas avoir douté un instant de la faisabilité de la chose et c'est véritablement l'intérêt du résultat qui m’a fait avancer dans toutes les étapes de conception de cette image.

La version finaleimage description

J'ai essayé de respecter au mieux l'oeuvre originale de François Diday, il s'agissait d'un exercice de style et ça a été véritablement très intéressant d'étudier ainsi en profondeur le travail du peintre genevois. J'ai pu observer à quel point l'artiste a "transformé" la réalité, l'a adapté pour correspondre à sa vision, j'ai dû en retour m'y plier sévèrement, la réalité n'étant de loin pas comme Diday l'a peinte. Ce fut, je crois, la principale difficulté que j'ai rencontrée (et non pas les ronces et les orties quand j'ai escaladé cette butte en Valais ^^)

L’originale peinte par François Diday et qui se trouve au Musée d’Art et d’Histoire de Genève0001281871_0000150446_OG_3

163 ans et l’imaginaire d’un artiste séparent la réalité du tableau. Fatalement, le paysan et les animaux avaient disparu (n'ont-ils d'ailleurs peut être jamais existé), la végétation a changé, le Rhône également a été endigué et des routes et des bâtiments ont été construits. Dès le départ je ne souhaitais pas reproduire à l'identique le tableau (il aurait s'agit alors d'un concept différent) j'avais envie de montrer le lieu tel qu'il est aujourd'hui avec les modifications "majeures" apportées au décor, mais en conservant l'esprit "Diday" qui m'a tant séduit.

J'ai fait des choix, j'ai effacé des habitations, j'ai conservé la texture du rocher plus naturel (je manquais de textures il s'agit partiellement d'un choix technique), j'ai reconstitué le ciel au mieux (j'adore les ciels, si vous me suivez, vous l'aurez compris) et j'ai déplacé et déformé des éléments. Les teintes également ont été beaucoup retravaillées. J'ai commencé par texturer complètement l'image pour toute à la fin ajouter "l'atmosphère" (ombres, lumières, couleurs).

Comparaison entre réalité et mon image
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Comme on peut le voir ci-dessus, j'ai déplacé la cascade (enfin je l'ai redessiné) et les montagnes dans le fond sont complètement artificielles (plus escarpées). Le premier plan est différent de la réalité, j'ai recréé un genre de "plaine" défriché qui correspondait mieux à l'originale sur la droite.

Pour construire cette image finale, j'ai utilisé 4 assemblages que j'ai soigneusement pillés/découpés élément par élément pour les réassembler sur une nouvelle.

4 images sources
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(Remarquez qu’il est rare que je publie des assemblages sans retouche :D)

Je les ai sélectionnés, car elles correspondaient chacune partiellement aux "pièces" dont j'avais besoin. Avec du recul aujourd'hui, je m'aperçois que je n'ai pas suffisamment capturé de "texture". J’aurais dû prendre plus de vues frontales de la cascade pour avoir des "roches" plus précisent ce qui m'aurait bien rendu service. Bref, je saurais pour la prochaine fois ^^

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Voilà, l'exercice a été laborieux, mais réellement passionnant. Ce n'est pas la plus belle image que j'ai produite, mais ce n'était pas le but que je recherchais. J'espère que vous apprécierez quand même la démarche :)

Billets précédents sur le même sujet

Références

  • Musée d'art et d'histoire, Genève.
    Oeuvre acquise par souscription et donnée au Musée Rath, 1855

lundi 28 septembre 2015

Le Musée d’Art et d’histoire – 1re partie

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Demain, je vais réaliser ce que j'espère être l'une de mes séries majeures. J'ai photographié pour la première fois les salles du Musée d'Art et d'Histoire en avril 2014. J'avais déjà créé des "séries" sur différents thèmes, le Lutetia, Paris, Toulouse, Le Mans et bien d'autres villes. J'avais pris quelques clichés sporadiquement dans les musées que je visitais, mais c'est réellement en avril 2014 qu'après toutes ces déambulations hasardeuses je pris un musée comme sujet principal.

"La plupart des musées sont incroyables, mais on ne les remarque pas".

Ma première série, j'admet que je n'ai pas réfléchis midi à quatorze heures, j'ai choisi un lieu proche de chez moi: le Musée d'Art et d'Histoire. Je le connaissais depuis toujours construit il y a 105 ans, il offre une large palette de tout ce que j'avais envie de capturer. Des vieilles pierres du grand escalier aux salles baignées par la lumière des verrières en passant par les petites pièces du château de Zizers, la matière est infinie là-bas, de quoi satisfaire mon envie insatiable.

Cette série est disponible ici. Pour le coup, c'est l'une de mes séries des musées, la moins bien réussi, j'ai pas mal amélioré la technique (à force de travail, on fini par progresser, enfin je crois) et trouvé les bons réglages (ouvertures, iso, traitements numériques). J'avais très envie de la refaire, mais cette fois si de manière plus complète.

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J'ai de l'affection pour ce vieux musée. Des visites scolaires dédiées à la découverte des lacustres au département égyptologie, la bâtisse a rythmé depuis plus d'un siècle de la vie culturelle des Genevois. Dans les prochains mois, nous saurons si les habitants de la ville de Calvin veulent le voir renaitre et entrer dans le 21e siècle, si le MAH doit redevenir ce phare de la culture et de la connaissance qu'il a été à son inauguration en 1910.

J'ai donc prévu d'aller demain, photographier toutes les salles accessibles, figer une dernière fois dans le temps ce lieu unique, j'ai préparé un plan du musée, nettoyez l'optique de mon Nikon, je vais essayer (on ne connait jamais les résultats d'avance) de réaliser une belle série et complète :)

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mardi 15 septembre 2015

Je bois du thé

Voilà longtemps que je me disais qu'il faudrait mettre cette histoire par écrit. Une histoire de liquide, de boisson la plus bue au monde juste après l'eau, le thé.

J'ignorais tout du thé avant 2009. De sa fabrication à sa dégustation, du thé c'était du thé pour moi. J'allais découvrir un monde dont j'étais à mille lieues d'imaginer son existence, un monde de voyage, de saveur incroyable dont je me régale depuis.

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Quand j'ai débuté dans le monde professionnel (18 ans) je me suis très vite retrouvé à suivre naturellement le rythme ordinaire d'une entreprise et déjeuner (ou diner, version déjeuner midi suisse) au restaurant avec mes collègues. Plat du jour, eau minéral, la tradition veut qu'on termine le repas avec un café. Personnellement, j'évite le café, ça me rend très nerveux et je ne me sens pas bien quand j'en bois, donc, pour conclure le repas, je commandais (genre pour ne pas faire comme tout le monde, mais un peu quand même) un thé.

Le thé, cette liqueur de vieille dame, cette boisson brulante au goût amer servi dans la plupart des restaurants genevois et préparé par une firme au doux nom britannique : Lipton. Genève, c'est la capitale Lipton. La majorité des bistrotiers et cafetiers servent du Lipton et uniquement le sachet jaune, contribuant ainsi à l'appauvrissement mondial de la connaissance qu'on a de cette boisson millénaire.

Camellia-sinensisMais savez-vous ce qu'est réellement le thé ? Le nom de la plante pour commencer ? La plupart des gens savent que c'est le théier qui produit la feuille qui servira à produire cette boisson,  beaucoup moins connaissent sont vrai nom: Le Camellia Sinensis. De la famille des Théacées il s'agit d'un arbuste des régions tropicales et subtropicales qu'on retrouve de plus en plus souvent dans nos régions (en Valais, il paraitrait même qu'il y a des cultures de thés), le théier est une sorte particulière de camélia, cette fleur qu'on a tous croisée dans nos parcs et jardins.

Tous les thés produits sur notre planète (sur les autres, je n’ai pas vérifié ^^) sont du Camellia Sinensis. Que le thé soit blanc, bleu, vert, noir, fumé, il s'agit toujours de la même plante, la seule exception "est pour le thé rouge (rooibos), qui lui est issu de l'acacia. Il existe deux types de théiers : Le "Camellia Sinensis Sinensis" et le "Camellia Sinensis Assamica".

Je dois avouer que pendant longtemps j'ignorais totalement cette nuance et pourtant, elle est déterminante dans ce qu'est cette boisson. Lipton Yellow est fait à base de feuilles d'Assamica, autrement dit, le Lipton Yellow est un Assam et non pas un Sinensis pur. Il a été créé comme le dit la publicité par Sir Thomas Johnstone Lipton, un Britannique né en 1850 à Glasgow et adapté aux goûts des Anglais: avec un nuage de lait ^^

La "force" du thé est déterminée par sa "moulure". Les feuilles peuvent être entières, roulées, broyées ou moulues. Le Lipton a été spécialement créé pour infuser vite et avoir un goût très fort (presque amer) et pour cause, il est fait pour être bu avec du lait, même qu'à mon avis, c'est totalement dégueulasse sans. J'ai connu quelques individus qui le buvaient infusé 10 minutes, sans lait et sucre, mais je crois que c'était plus pour se donner un style viril que réellement pour apprécier les subtilités du thé.

Revenons à notre restaurant. Je me retrouvais à la fin du repas, assis avec mes collègues, face à ma tasse de thé à 100°  attendant patiemment qu'elle daigne refroidir à une température tolérable. C'est fou cette capacité qu'ont les bistrotiers à flinguer un repas en servant des boissons parfaitement mal préparées. Le café est généralement servi directement absorbable, on ne risque pas la brulure au troisième degré, mais pas le thé. Combien de fois ai-je dû partir en abandonnant ma tasse à moitié entamée pour ne pas arriver au bureau en retard ? C'est sociable, on déjeune entre collègues, on retourne au bureau entre collègues. Je crois que ça aurait été étrange si j'avais dit "partez devant, je vous rejoins dans 20 minutes quand j'aurai pu boire mon thé". Le thé et le café ne sont pas compatibles.

À cette époque j'avais gentiment renoncé à la boisson de fin de repas. La préparation ratée additionnée de quelques brulures d'estomac avait eu raison de moi et de la motivation que j'avais du "thé".  Il faut dire que je ne connaissais rien d'autre que Lipton et son goût amer absolument ignoble, je ne mettais pas de lait, ah, si j'avais su ^^.

Bref, Les années passant, mon emploi évoluant, plus de temps libre m'étaient offertes. J’avais pris l'habitude d'aller prendre le thé avec un ami, amateur également, au Bio à Carouge. Là-bas, j'ai découvert un thé au jasmin particulièrement exceptionnel, non plus un Lipton, mais un Betjeman & Barton. C'est sur la terrasse du petit cinéma de quartier que j'ai la première fois expérimenté le temps d'infusion et fini par m'accorder sur une minute et quinze secondes pour le Jasmin. J'ai repris goût en le thé, j'avais découvert qu'il existait une variation de goût que j'ignorais jusque là.

Il y a environ 6 ans (en septembre 2009) je me suis rendu en vacances à Paris. J'avais dans l'idée d'explorer la capitale française et ses musées. À l'époque je ne faisais pas encore de "photo" comme aujourd'hui, je déambulais nonchalamment les rues et boulevards haussmanniens à la recherche d'exotisme ^^. Sur les conseils d'un ami, je me suis rendu chez un marchand de thé historique célèbre dans le Marais.

Mariage Frères, une boutique aux boiseries magnifiques située dans une petite rue discrète. Je m'en souviens tellement bien: la petite entrée de la boutique, ses vendeurs élégants en costume de lins, ses boites noires de thé un peu cabossé sur les étagères en bois vieilli et cette odeur, incroyable et caractéristique mélangeant toutes les essences de thé présentes. J'arrivais hésitant devant le comptoir ne sachant pas trop quoi dire.

- Bonjour, Monsieur, que désirez-vous ?
- Bonjour, j'aimerais acheter du thé ^^
- Vous avez peut-être une préférence ?
- Oui oui, j'aime bien le thé au jasmin
- Très bien, nous en avons sept.

C'est, je crois, là que tout a basculé. Le vendeur courtois et agréable a pris le temps d'un geste tournoyant et rodé, de me faire sentir différents thés tous plus étranges les uns que les autres. Le thé au Tibet, mélange de rose, bergamote et mandarine, Marco Polo, un thé parfumé aux fruits rouges ou encore l'Oriental qui d'une effluve vous fait changer immédiatement de continent.

La pâle définition que j'avais du thé venait d'être balayée par un ouragan, dévastant tout ce que je croyais savoir des odeurs et des goûts de cette boisson. Je me retrouvais pourtant confronté à un dilemme: le thé en vrac. Innocemment, je ne connaissais que le thé en sachet, et je ne me voyais pas du tout préparer le thé avec tout ce micmac matériel entendu (pince, théière, etc.). Je demandais donc au vendeur s'il n'avait pas "par hasard" ces mêmes thés en sachet. C'est à cette occasion que j'ai découvert un objet incroyable et fort pratique: le sachet vide jetable. Il se présente comme un sachet ordinaire, mais vide, qu'on peut remplir avec du thé en vrac comme bon nous semble. D'un coup, d'un seul, je regardais le mur de boites avec enthousiasme, c'est tout un univers qui s'offrait à moi.

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Je ne me souviens plus combien j'en ai acheté ce jour-là, beaucoup. De retour à Genève, j'ai acheté des tasses et une théière (bodum) chez Manor et tranquillement, j'ai commencé mes expériences gustatives. De fil en aiguille j'ai fini par utiliser moins les sachets jetables et j'ai commencé à utiliser des pinces à thé. Plus économique et finalement plus pratique, boire du thé = zéro déchet.

Je suis retourné beaucoup de fois chez Mariage Frères et j'y passe toujours un excellent moment. D'un néophyte, j'ai fini par devenir un amateur aguerri et je continue d'apprendre et de faire des découvertes étonnantes sur les saveurs et la préparation. Ma petite collection personnelle s’est considérablement étoffée à un point où j'ai été obligé d'adapter le mobilier pour ranger toutes ces boites métalliques.

Le matériel

Le thé c'est de l'eau chaude dans un récipient. Le matériel utilisé n'a aucune importance du moment qu'on prend du plaisir à la préparer et à la boire. Chez moi, j'ai aussi bien des théières Betjeman & Barton en porcelaine que des tasses souvenirs rouges avec une croix blanche. Je crois qu'il y a un petit côté snobe à vouloir toujours boire son thé dans un service MF ciselé d'or, mais qu'en même temps, prendre le temps de préparer sa boisson avec un beau matériel, et bien ça fait vachement plaisir. Ce qui compte, ce n'est pas le matériel qu'on utilise, mais le cérémonial qu'on invente pour le préparer. Quand je voyage, depuis peu, à la gare Cornavin de Genève, un magasin Tekoé s'est ouvert. Ils y servent un thé "suisse" très intéressant et on peut acheter à l'emporter un gobelet de n'importe quel mélange proposé en boutique. Le thé voyageur ^^, ça me fait rêver quand je suis sur le quai de la gare, attendant mon train, sirotant un délicieux thé dans un verre en carton. Finalement, il ne tient qu'à vous de trouver les objets qui vous raconteront une histoire quand vous les utiliserez, peut importe le prix qu'ils valent, ce sont vos objets :)

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La température

N'importe quel buveur de thé vous le dira, la température est primordiale. Un thé vert se prépare autour des 60° degrés et un thé noir entre 80° et 90° . Tout dépend du thé utilisé, il n'y a aucune règle générale et il faut adapter la température au cas par cas. Pour ma part, étant un grand buveur de thé noir, je prépare une eau à 80° ce qui convient la plupart du temps.

Je me rappelle d'une anecdote amusante à ce sujet, toujours chez Mariage Frères. Un jour, après avoir découvert que la température avait une importance, je m'étais mis en tête de trouver un thermomètre pour mesurer l'eau. Je demande au vendeur s'il n'avait pas en stock un objet de la sorte (j'imaginais déjà un truc élégant en verre doré très classe ^^)

- Je recherche un thermomètre pour l'eau, en avez-vous ?
- Un thermomètre ? Mais pour faire quoi ?
- Ben pour faire de l'eau à 80° ^^
- Mais monsieur, on n’a pas besoin de thermomètre pour faire de l'eau à 80°
- Ah ? Et comment vous faites avec une bouilloire qui ne fait que de l'eau à 100° ?!?
- C'est très facile, 4 tasses d'eau chaude et une tasse d'eau froide !

Voilà, je découvrais l'astuce ultime qui marcher même avec une bouilloire premier prix. Pas besoin de thermomètre, le bon sens avait une fois de plus triomphé :D

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La préparation

Comme je viens de l'écrire, le matériel importe peu. Le temps d'infusion est également à votre appréciation, certain aiment le thé très infusé, d'autre comme moi le préfère claire. Sachez seulement qu'un thé en vrac est souvent de meilleure qualité que ce qu'on trouve en sachet et que très peu suffisent pour une tasse (une demi-cuillère à (café)thé. La légende raconte qu'il faut 2 grammes par tasse, fiez-vous à votre instinct. Le thé est une boisson très économe.

L'eau

Là encore, on peut jouer les princes d'orient en n'utilisant que de l'eau de Volvic (qui m'a été chaudement recommandé par Betjeman & Barton) pour infuser son thé. Si l'eau courante chez vous est trop calcaire ou à un goût trop prononcé, ça peut être une solution, les bouteilles de Volvic 8 litres sont très pratiques. Je vous déconseille en revanche les carafes filtrantes qui sont d'une part onéreuse, d'autre part, souvent mal entretenues et le filtre serait (je n'ai pas creusé le sujet, à vérifier) cancérigène. Finalement un thé préparé avec l'eau du robinet, ce n’est pas si mal :)

Le stockage

Les vendeurs font en général des sachets de 100 grammes. Si comme moi vous avez beaucoup de thé, sur l'ensemble, ça fait vite beaucoup. J'ai fait le choix de systématiquement couper le sachet en deux et de stocker sous vide à la cave 50 grammes que j'utilise dès que j'ai terminé la première moitié. Une amie m'a appris dernièrement qu'on peut aussi le congeler, je n'ai pas essayé, mais me semble tout à fait possible.

Soyons honnêtes, les thés dits "parfumés" s'éventent vite. Le Marco Polo de Mariage Frères est un excellent exemple, c'est un des rares thés que je renouvelle chaque année, car il perd trop en saveur. En revanche, un thé dans lequel on a intégré des morceaux de choses (fruits, amendes, etc.) tient un peu plus longtemps (quelques années) sans trop de problèmes. Le thé pur peut se conserver très longtemps s'il est à l'abri de la lumière et des températures trop extrêmes. Je stocke tous mes thés dans des boites à thé en fer et en verre, car c'est plus pratique pour les retrouver et que j'ai remarqué que c'est comme ça qu'il y a le moins de problèmes.

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Le sucre

Les puristes (déf.: illuminés qui croit tout savoir sur un sujet qu'il s'est approprié et dont il ignore tout) vous diront qu'on ne met pas de sucre dans le thé. Je suis plus modéré à ce sujet. Avec l'âge j'ai diminué chaque année la quantité de sucre que je mettais dans ma tasse, jusqu'au jour où ma superbe boule à sucre s’est retrouvée vide et que je n'ai plus jugé nécessaire de la remplir. Depuis je bois le thé sans sucre deux exception faite pour le thé menthe "à la marocaine" (Le Casablanca de MF par.) Que je sucre pour l'avoir dans "l'esprit original du pays" et le thé froid ou glacé.

Le citron

Je n'utilise du citron que lors de la préparation de thé au litre (froid ou chaud) et que je le sers en carafe transparente. Le citron (1 à 2 cuillères par litre) permet d'éviter que le liquide s'oxyde et garde tout ça légèreté visuelle. Objectivement, on ne sent pas du tout le goût du citron.

Le lait

J'ai quelques Assam de chez MF et ce sont les seuls thés que je prépare avec du lait pour garder l'esprit british ^^. J'avoue que les Assam en vrac sont bien meilleurs que les Lipton Yellow, mais aussi que je les prépare rarement.

Le thé froid 

Aaaah, l'été, le dimanche, les oiseaux chantent le chat les mange, c'est beau l'été, le soleil brille et la chaleur aidant, on a vite envie d'une boisson rafraichissante. Toute mon enfance j'ai été éduqué au thé froid de la Migros (je suis certain que vous connaissez) ces briques au litre bleues/violettes de thé noir sucré. Avez-vous remarqué qu'il est pratiquement impossible de reproduire le goût de ce thé froid ? Normal, la recette est inattendue et c'est lors d'une dégustation encore chez Betjeman & Barton que je l'ai connu 

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"Le thé infuse aussi dans de l'eau froide, la seule différence c'est que ça prend plus de temps". Ça n'a l'air de rien, dit comme ça, mais ce fut une découverte. On peut préparer n'importe quel thé dans de l'eau froide (5°), mais au lieu d'infuser pendant deux minutes, ça prendra de 4 à 12 heures. Quand je prépare un "thé froid", j'utilise une carafe à thé Eva Solo disposant d'une immense infuseur. Je mets entre 4 et 12 grammes de thé (Le marchand préconise 15, je suppose ça fait vendre plus :P) et je place la carafe au réfrigérateur. J'ai eu l'occasion plusieurs fois de comparer, l'infusion à froid est spectaculaire, car le thé n'est jamais amer et il n'y a pas de théine, car elle est libérée uniquement à chaud. Le goût est incroyablement doux. Quand je le prépare pour des invités, j'ajoute 6 cuillères de sucre de canne liquide, quand c'est que pour moi, entre 3 et 4. Je finalise le tout avec une petite cuillère de jus de citron comme antioxydant.

Voilà pour ce qui est de la recette, petite astuce pour les Suisses, le thé "Migros" est reproductible très fidèlement avec un Thé noir Betjeman & Barton Dellawa GFOP. J'ai toujours une petite réserve à la maison :)

Le thé glacé

Évidemment quand on voit le temps qu'il faut pour préparer un thé froid, on a pas forcément envie de s'y prendre la veille. Pour ça je prépare le thé glacé (à la Mariage Frères, servi dans de très grands verres à pied). Pour ce faire, j'infuse le thé en théière et je le concentre un peu plus que d'habitude. Je le verse ensuite directement dans le verre rempli jusqu'en haut de glace. La température descend instantanément, j'ajoute un peu de sucre et une paille pour parfaire l'oeuvre :D

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Voilà

Comme j'ai titré ce long article, je bois du thé et je compte continuer. Contrairement au café qui n'offre aucune autre saveur que celle du café, le thé propose une palette de goûts, de saveurs et d'odeurs illimités. Avec le thé on voyage, on se souvient et on prend plaisir, c'est une boisson relaxante qui rééquilibre les idées bancales. Il est possible qu'ai commis quelques erreurs dans cet histoire, ne m'en veuillez pas, je ne suis pas un professionnel et j'ai essayé de partager avec vous ma propre expérience et découverte. n'hésitez pas à me signaler les erreurs que je corrigerais volontiers :)

Intérieur Mariage Frères

Références

jeudi 10 septembre 2015

La cascade de Pissevache - 2ème partie

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Comme prévu, je me suis rendu rendu en train à Martigny, confortablement installé, contrairement à mon vélo, qui, lui a voyagé pendu a un vague crochet recouvert d'un bout de tuyau d'arrosage dans un wagon de seconde classe, tel un pied de cochon dans une foire populaire, heureusement, il n'est pas aussi difficile que moi.

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Le temps de poser mon sac à l'hôtel, j'ai foncé à la cascade située à quelques kilomètres de là. Le ciel était litigieux, pile ce que j'espérais. J'ai ensuite recherché le point de vue idéal, le tableau de François Diday laisse penser que le peintre s'était positionné en hauteur. Très vite j'identifie le point (pas trop difficile, y'a pas tellement de choix sur place ^^) une petite butte rocheuse sur laquelle est fixé un drapeau valaisan (oh surprise, mdr) Là, commence le parcours du combattant.

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Impossible de trouver un chemin qui pourrait mener au sommet (et vu le mat avec le drapeau, je pense bien qu'il doit y avoir un chemin), je cherche, tourne autour, rien hormis deux fillettes que j'interpelle poliment.

Charmantes, elles m'ont guidé devant un petit portail en bois - "vous rentrez dans ce genre de poulailler et c'est juste à côté". Bah, une poule, ça ne me fait pas peur, j'y go.

Et là, toujours pas de chemin, des ronces partout, je distingue bien un semblant de sentier, mais très piquant et pas du tout amical, je fais demi-tour et tombe sur une habitante et la questionne sur l'hypothétique route. Tout aussi agréable elle me guide cette fois à son mari qui finira par m'indiquer le même chemin à prendre... à travers les ronces. Moteur!

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N'écoutant que mon courage (j'ai toujours rêvé d'écrire ça ^^ ) je finis par gravir les quelques mètres qui me séparent du sommet et miracle, découvre un point de vue magnifique sur la zone, pratiquement celui du tableau, génial !

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J'ai réalisé une petite série de clichés (240) de différentes focales et espacé de quelques minutes dans l'idée d'avoir suffisamment de matière ciel et lumière. Après les avoir examinés, elles me semblent être utilisables pour mon image finale. Par sécurité, j'envisage d'y retourner quand même demain matin, tout dépendra de la météo, c'est aussi ça la photo, du hasard et un peu de chance :)

Billets précédents sur le même sujet

mardi 8 septembre 2015

La cascade de Pissevache - 1re partie

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Il existe au Musée d'Art et d'Histoire de Genève un tableau au nom amusant: la cascade de Pissevache. Superbe paysage romantique peint par François Diday en 1852, il représente une chute d'eau valaisanne située sur le parcours de La Salanfe, un affluent du Rhône. Si vous avez déjà été en Valais en train, vous êtes obligatoirement passé devant un peu avant Martigny.

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J'adore ce tableau. Une allégorie typique de la période: le berger serein menant son troupeau malgré un ciel menaçant. On est frappé par la disproportion massive et gigantesque de la montagne face à l'homme et aux vaches qui semblent être là de minuscules fourmis. La lumière est remarquablement composée, l'oeil du spectateur est capturé par le ciel puis dirigé naturellement par la cascade sur le troupeau, éclairé lui comme avec une bougie et ponctuant la perspective globale.

J'avais repéré cette oeuvre depuis un moment. Vous connaissez ? Elle vous attrape et vous isole, le temps s'arrête et votre esprit plonge totalement libéré de toute pensée autre que l'image, cette image. Je suis fasciné par cette vue et dès la première fois où je l'ai croisé, je m'étais fixé comme objectif: je veux la refaire.

Entendons-nous, la refaire, avec ma technique, mon matériel, et tel que le lieu s'offre à nous 163 ans plus tard avec ces modifications, routes, voies de train, station-service.

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Bref, jeudi, je pars avec mon Nikon et mon vélo à Martigny. J'ai préparé un tirage du tableau original que j'ai laminé afin de résister aux intempéries (que voulez-vous, la pluie, la photo ^^) et je compte m'y rendre plusieurs fois en espérant arriver à capturer assez de morceaux pour arriver à construire une image de qualité.

La suite au prochain épisode :)

Références

samedi 29 août 2015

35 photos de Genève

Je fais des expériences. L'idée aujourd'hui est de vous proposer un petit panorama de mon travail à Genève sous la forme d'une carte google maps. on aurait presque envie de partir à l'aventure ^^

Bonne visite :)

vendredi 28 août 2015

(infographie) 10 règles pour réussir la photo urbaine

Quand je me suis lancé dans la photographie de ville, je me suis fixé quelques règles. Ces règles n'ont pas toutes été définies en même temps et certaines ont beaucoup évolué. Aujourd’hui, j’ai trouvé intéressant de les partager avec vous, mais plutôt que de vous rédiger un bel article moralisateur, je vous ai fait une infographie plus colorée et j’espère plus motivante.

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La version PDF http://www.phil-schutz.com/10reglesPhotoUrbaine.pdf

La version image PNG http://www.phil-schutz.com/10reglesPhotoUrbaine.png

mardi 7 juillet 2015

Fermé pour cause de canicule

ça aurait pu être un titre joyeux annonçant l’été, ce bel été comme l’a peint Alexandre Calame en 1849, mais non, c’est la sentence tombante et injuste, le présumé coupable étêté aussi sèchement, passant de victime à condamné, portes closes, tout le monde dehors, il ne pleut pas, il n’en peut plus.

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Le Musée d’Art et d’Histoire de Genève a fermé ses portes. Heureusement, ce n’est pas définitif et il s’agit là d’un évènement rare lié à la canicule que nous subissons actuellement. Le musée étant ce qu’il est, une honorable vieille bâtisse de 105 ans, il n’est plus en mesure d’offrir des conditions de visite et de travail acceptables. Le désert de Gobi aux Beaux-Arts: la cascade de Pissevache peinte par François Diday est asséchée, les Ferdinand Hodler roussissent en plein cagnard. Qu’est-ce qu’une œuvre d’art si elle ne peut avoir comme seul public que le mur d’en face ? N’y a-t-il pas là un échec de la société, un plantage commun dont nous sommes tous responsables ? À quoi bon l’art si on est incapable de le rendre accessible ?

Voilà des mois, que dis-je, des années que se discute l’avenir de ce musée. D’une généreuse donation ainsi que d’un prêt conditionnel, aux lubies stériles de gens qui refusent de voir évoluer ce bâtiment pour le faire entrer dans le XXIe siècle, on tournicote, on gesticule, on fait du vent, beaucoup, mais malheureusement pas suffisamment pour rafraichir les salles d’expositions rue Charles Galland.

Mais qu’est-ce qu’un musée si ce n’est un écrin pour les œuvres qui y sont exposées ?

Voilà la vraie question. À force de tout classer, tout protéger et ne rien vouloir changer, on a sacralisé le moindre caillou de la ville. Oh oui, c’est vrai qu’il est beau ce musée, sa façade majestueuse, son grand escalier et ses vitraux colorés, mais a-t-on oublié pourquoi il a été construit ? Ce n’est pas une cathédrale ou un tombeau égyptien, passage obligé vers l’immortalité. Le musée est un vaisseau qui permet de voyager à travers la collection d’œuvres d’art exposé, de l’apprécier, de l’étudier et de la comprendre, il est là uniquement pour nous offrir la meilleure expérience muséale possible, rien d’autre.

Or, il faut composer avec ça, ce monument genevois a été construit à une époque où, pour attirer le public, la magnificence comptait autant que les œuvres exposées. On était en 1910, l’éclairage se voulait "naturel", la conservation de l’énergie n’était qu’une vague notion à venir, le clampin qui aurait eu l’idée de fournir des audio guides aux visiteurs aurait été condamné au bucher pour sorcellerie, même en terre protestante ^^

Et 105 ans passèrent...

L’Atelier Jean Nouvel, on aime ou l’on déteste. Moi même j’avoue ne pas avoir tout le temps un avis positif  sur les créations du bureau d’architecture parisien, mais en ce qui concerne le projet du Musée d’Art et d’Histoire de Genève, on est bien obligé d’admettre qu’il est séduisant. Sans dénaturer le bâtiment, il propose d’agrandir les espaces par le développement de nouvelles salles souterraines, l’ajout d’une verrière qui recouvrirait la cour intérieure. Il y serait construit un étage supplémentaire plaçant le sol au niveau de l’entrée principale ainsi que la mise en fonction d’ascenseurs. Les salles seraient rénovées (et climatisées), l’éclairage adapté autoriserait des visites nocturnes, la liste des améliorations/évolutions est considérables et permettrait enfin de disposer d’un lieu de culture et d’exposition à la hauteur des œuvres exposées.

Mais non, la réaction épidermique de certains à Monsieur Nouvel additionnée de cette fâcheuse volonté à vouloir cristalliser le monde dans une temporalité dépassée flinguent l’art et son enseignement. Elles détruisent les espoirs et découvertes des futurs visiteurs qui ne viendront pas. Le bonheur de dénicher un nouvel artiste ou une œuvre, ce sentiment de perdition total qu’on peut ressentir face à un tableau qui nous touche, tout ce temps gâché parce qu’on a oublié de quoi on parlait.

Un musée ne devrait jamais être fermé, il devrait être un lieu ouvert, de rencontre dans lequel se croise, déambulant, l’avenir et le passer.

On devrait tous faire preuve d’abnégation quand on parle de l’avenir d’un musée. Ce qui compte vraiment, ce n’est pas de savoir s’il faut conserver oui ou non une vieille fontaine et un carré de pelouse au centre d’un bâtiment centenaire, mais ce qu’on veut transmettre à nos générations futures: une grande et belle collection d’œuvres d’art, mise en lumière magnifiquement la rendant accessible et compréhensible par le plus grand nombre. Un musée moderne offrant tous les aménagements, sécurités et conforts utiles, qui saura nous guider dans de bonnes conditions jusqu’aux œuvres et qui saura s’effacer le moment venu pour laisser le visiteur dialoguer avec Ferdinand, Gustave, Félix, Jean-Etienne et tellement d’autres qui ont tant à nous raconter.

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Liens utiles

Le MAH sur Twitter https://twitter.com/MAHgeneve 

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Références Musée d’Art et d’Histoire, Genève

Étude de composition pour "L’Été" par Alexandre Calame
http://www.ville-ge.ch/musinfo/bd/mah/collections/detail.php?type_search=simple&lang=fr&criteria=%22l%27%C3%A9t%C3%A9%22&terms=all&page=1&pos=7&id=1295974

Portrait de Jean-Jacques Rousseau par Maurice Quentin de La Tour
http://www.ville-ge.ch/musinfo/bd/mah/collections/detail.php?type_search=simple&lang=fr&criteria=Portrait%20de%20Jean-Jacques%20Rousseau%20(1712-1778)&terms=full&pos=1&id=1269103

Portrait de femme à la jacinthe par Jean-Etienne Liotard
http://www.ville-ge.ch/musinfo/bd/mah/collections/detail.php?type_search=simple&lang=fr&criteria=liotard&page=10&pos=109&id=1268480

Autoportrait par Ferdinand Hodler
http://www.ville-ge.ch/musinfo/bd/mah/collections/detail.php?type_search=simple&lang=fr&criteria=hodler&page=86&pos=1022&id=1293376

Cascade de Pissevache par François Diday
http://www.ville-ge.ch/musinfo/bd/mah/collections/detail.php?type_search=simple&lang=fr&criteria=cascade&terms=all&page=3&pos=32&id=1281871

vendredi 3 juillet 2015

Eugène et Mathilde par Michel Sétan

Je lis beaucoup (trop), des fait d'actualités, sur le web, des livres, la plupart du temps techniques, artistiques, de substances encyclopédiques, des revus les plus diverses, mais je dois avouer que dans ma vie, je n'ai lu que très peu de roman et jusqu'à il y a peu, jamais de roman historique.

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Le récit se déroule en France durant la Restauration. Pour ceux qui ne connaitrait pas (comme moi avant ^^), il s'agit d'une période trouble débutant juste après l'exil de Napoléon 1er sur l'île d'Elbe suite à la désastreuse bataille de Leipzig, et la remonté de Louis XVIII sur le trône (d'où la terminologie de "restauration de la royauté" ou "restauration de la monarchie") en gros, il s'agit d'une recapitation monarchique après que le peuple ait étêté ses souverains pour en tester d'autres. (La France, le cycle de la vie ^^)

Bref, deux mondes se retrouvent contraints de cohabiter: les royalistes et les impérialistes. D'une certaine façon, l'Ancien et le Nouveau Monde. Le roi souhaite l'union de ces deux noblesses et par là, espère assurer son pouvoir autant sur les royalistes que sur les bonapartistes. Période délicate de l'histoire et un peu délaissée par les historiens.

Eugène et Mathilde sont issus de deux familles que tout oppose. Eugène est un riche et jeune dandy qui profite de la fortune colossale que son père, le baron Goulard, a amassé sous Napoléon grâce au commerce de chevaux. Mathilde est une jeune fille de bonne famille, cadette du Marquis de Saint-Ivy, famille reconnue et estimée au sain de la cour royale, mais dont des années d'exil sous l’empereur ont considérablement altéré fortune et train de vie.

D'une rencontre lors d'un bal donné par le roi au Tuilerie, les destins de ces deux familles se fracasseront ensemble aux murailles de l'histoire de France et par la force des choses, se retrouveront dans une aventure traversant mers et continents au grand galop.

Ce roman est étonnant. Un ami me l'avait conseillé et sans trop savoir, je me suis mis à le dévorer chapitre après chapitre chaque soir assis dans mon fauteuil en cuir éclairé par une superbe lampe Tiffany (mdr) :P

Étonnant ? Oui, surprenant même. De par son titre je m'attendais à une hypothétique histoire sentimentale mielleuse et mollassonne, autant dire que je me suis planté. Une histoire il n'y en a pas une, mais deux. La première, celle de deux jeunes gens qui se rencontre, et la seconde, la principale à mes yeux, celle qui traverse l'histoire de France en carrosse et en frégate, tentant de ne pas se faire happer par les méandres historiques (et bonapartiste^^) de l'époque.

J'ai réellement aimé ce livre. Traverser la bataille de Waterloo de 1815, le même jour que la célébration de son bicentenaire en 2015, c'était magique. Je ne suis pas un lecteur rapide, je lis chaque mot de chaque phrase et l'écriture agréable et fluide m'a beaucoup aidé. Construit avec un vocabulaire riche, à la fois moderne et un peu désuet, les descriptions des ambiances, des personnages et des lieux étaient suffisamment précises pour créer un XIXe siècle vivant et réaliste. Je m'y suis plongé avec plaisir.

Il s'agit du premier roman de son auteur Michel Sétan. C'est frais, et incroyablement actuel, de quoi passer de bon moment durant cet été caniculaire :)

 


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Au lendemain de la chute de Napoléon, les Saint-Ivy et les Goulard se rencontrent lors d'un bal donné par Louis XVIII aux Tuileries.

Tout oppose les vieux aristocrates à peine rentrés d'exil et les riches roturiers anoblis sous l'Empire.

Pourtant, les soubresauts de l'Histoire forcent bientôt les deux familles à se rapprocher, jusqu'à lier irrémédiablement le destin de Mathilde, la cadette des Saint-Ivy, courageuse et romantique, à celui d'Eugène, dandy égoïste et coureur, fils unique des Goulard. Pour le meilleur et peut-être le pire...

Au fil du temps, des intrigues se nouent, des ambitions et des rancœurs se dévoilent. Les péripéties et les rebondissements s'enchaînent et s'entremêlent de Paris à Londres, des landes bretonnes aux rives de la Méditerranée, d'Alger la blanche aux champs de bataille d'une Grèce en révolte.

Autant qu'aux aléas d'une passion amoureuse, c'est au spectacle d'un monde qui s'achève que nous convie cette saga haute en couleurs, au gré d'une plume tout à la fois raffinée, piquante et nostalgique.

Diplômé de l'École du Louvre, Michel Sétan est coach culturel et historien d'art. Eugène et Mathilde est son premier roman.


Retrouvez son auteur, charmant, passionnant et passionné sur sa page facebook
https://www.facebook.com/michel.setan.officiel

815GRNeo0uLEt vous pouvez vous le procurer (le roman, pas l’auteur ^^) sur Amazon.fr
http://www.amazon.fr/gp/product/2259223214

samedi 13 juin 2015

Sun Surveyor l'app plus forte que le soleil

Je fais de la photo depuis pratiquement les débuts de l'ère grand public. Pourtant en y repensant, je crois que je suis réellement devenue addicte le jour ou j'ai compris ce qu'était un appareil photo: un instrument de mesure précise pourvu de réglage particulièrement précis et tous très mathématique. La vitesse, l'ouverture, la valeur ISO, rien n'est le fruit du hasard et la photo "par chance" n'est en tout cas pas le résultat d'une mécanique optique hasardeuse.

Ça vous paraitra sans doute très banal ce que j'écris, mais quand on a un appareil reflex et qu'on débute, on va d'abord utiliser les modes "automatiques" du boitier avant de s'aventurer dans les circonvolutions des modes plus "manuels". Les modes autos sont fantastiques, ils sont capables de mesurer l'environnement au mieux pour pouvoir en tirer de bons clichés. Je les utilise de temps en temps, quand j'ai des photos rapides à faire, pour une manifestation, un truc sans trop grande importance, ça m'évite de réfléchir trop et ça ne rate pas les photos.

Évidemment, c'est très différent pour mes clichés hdr. Là j'ai dû comprendre les mécanismes, les variations qu'entrainait un changement d'ouverture, tester des centaines de fois les différences ISO, la vitesse. Ce que j'ai compris ? C'est que les réglages d'un appareil photo sont linéaires et reproductibles et qu'un changement de l'un d'eux impactera toujours l'optique de la même manière. C'est idiot oui, mais ça a été essentiel à ma compréhension de la photo. Je suis informaticien, développeur, j'ai donc naturellement des affinités avec les ordinateurs, je comprends assez bien leurs fonctionnements, c'est de la logique, carré, rationnel, tout comme les sont les appareils photo. Je pense que mon attrait à cette forme de création artistique vient de cette ressemblance scientifique entre ces deux mondes.

Bref, j'ai découvert dernièrement une fantastique app, qui correspond en tout point à ma manière de voir le monde, carré, mesuré et bien rangé (mais pas que :P) Sun Surveyor. Si je me suis décidé à vous en parler, c'est qu'elle m'a apporté beaucoup et a même joué un rôle essentiel dans la création de certaines de mes dernières images.image

L'idée de Sun Surveyor est de vous aider à connaitre la position du soleil à une certaine heure de la journée et de vous le montrer visuellement.

Pour réaliser un "bon" coucher de soleil, je suis tributaire de pas mal de facteurs météorologiques. La présence de nuage et même d'un certain type de nuage en lien avec une position du soleil particulière. Je ne maitrise pas les nuages, mais pour ce qui est du moment (et donc de la position du soleil), je prends mes photos bien avant le coucher de soleil, autour de 18h30 en été quand le soleil se couche à 22h00.

Sun Surveyor est capable de vous montrer avec différents outils où sera le soleil à une heure donnée. Soyons clairs, la position est astronomiquement facile à trouver depuis le temps qu'on sait la calculer, mais la visualiser directement en intégration dans Google Street View, c'est vraiment pratique.

J'utilise principalement trois vues pour travailler, la vue "plan" qui me permet de visualiser sur une carte à plat la trajectoire du soleil et l'angle qu'il aura depuis un point choisi.
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La seconde vue est réalisée avec Google Street View et permet de voir sans y être, l'endroit où le soleil se trouve(ra), depuis une rue, une ruelle. C'est avec cette vue que je sélectionne les points de vue potentiellement éligibles.

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La troisième vue, est presque fun, l'intégration directe avec la caméra de l'iPhone de la trajectoire. ça permet de chercher en live (dans la vraie vie en direct donc ^^) la bonne position avant d'y être à la bonne heure (accessoirement c'est aussi un très bon moyen de tomber dans une rivière parce qu'on regarde son écran au lieu de regarder ses pieds, enfin bref)

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L'application regorge d'infos complètes, des horaires levés, couchés, aube et pour les passionnés de photo nocturne, la Lune est également présente.

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Une belle application agréable et ergonomique qui permet de préparer au mieux ses expéditions photo, de mesurer le monde, le peser, le calculer, un outil indispensable pour les photographoscientifiques amateurs :)

Le site officiel : http://www.sunsurveyor.com/
Sur iTunes : http://itunes.apple.com/us/app/sun-surveyor/id525176875?mt=8&uo=4
Et Google Play : http://play.google.com/store/apps/details?id=com.ratana.sunsurveyor

vendredi 12 juin 2015

10 photos hors du temps du bateau CGN Le Savoie

J'avais envie depuis longtemps de réaliser une série d'images à bord d'un bateau. Il faut dire qu'à Genève, côté embarcation, on a le choix, le lac Léman étant desservi depuis toujours par une flotte de bateau CGN de la belle époque.

Le Savoie, ce point fixe dans le temps, cette faille temporelle capable de nous ramener en 1914 le temps d'un trajet Genève - Yvoire est certainement l'un des plus beaux bateaux du lac.

Construit par Sulzer Frères à Winterthour, le bâtiment mesure 68m de long pour un poids total de 367 tonnes, il est propulsé par une roue à aubes, eh oui, c'est un bateau à vapeur, comme on les faisait à l'époque où les dames portaient de longues robes blanches et s'abritaient sous de petites ombrelles d'une élégance, aujourd'hui, désuètes.

Intégralement rénovés en 2006, les boiseries, tapis, salons et ornements ont un cachet incroyable, je me suis régalé le temps d'une ballade, voici donc 10 clichés hors du temps, hors de l'eau, d'un bateau centenaire, bonne visite :)

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Grand Escalier

1er étage Bar

1er étage 1

 

1er étage Salon

Salon 1er classe 3

Salon 1er classe 1

Salon 2ème classe

Machinerie

Références

Site officiel de la CGN http://www.cgn.ch/
La page du Savoie http://www.cgn.ch/fr-ch/flotte-belle-epoque/ship.aspx?id=1350
Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Savoie_(bateau_%C3%A0_vapeur)
L'association des amis des bateaux à vapeur du Léman http://www.abvl.ch/

Référence littéraire

CGN Compagnie Générale de Navigation sur le lac Léman - Une histoire
édition La Bibliothèque des Arts - 9782884531412